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Note de conjoncture 19 - 20 janvier 2012

L'actualité des sondages, études et conférences   Alain Vermeersch Présidentielles La situation de l'exécutif Le baromètre du Ipsos/LePoint (16/01) donne Sarkozy en baisse par rapport à décembre 34% d'avis favorable contre 36 % en décembre. 63% des sondés ont un avis défavorable sur son action. F. Fillon gagne 1 point, il passe de 44 à 45 % d'avis favorable. 49 % juge son action défavorable. Le sondage LH2/Yahoo (16/01) sur les intentions de vote montre que Sarkozy n'obtiendrait que 23,5 % des voix (- 2,5% sur décembre). F. Hollande serait à 30 % (- 1%). M. Le Pen serait à 17 % (+ 3,5). F. Bayrou vient ensuite avec 14 % (+1). J-L. Mélenchon progresse de 2 pts avec 8,5 %. E. Joly s'effondre avec 3 % (4,5% en décembre) Les rapports des forces électoraux Ce même baromètre juge l'action des personnalités politiques et non des partis. En tête nous trouvons F. Bayrou avec 56 % d'avis favorables et 36 % d'avis défavorables, puis F. Hollande (56%, 38 % d'avis défavorables), A. Juppé (53%), en 8e position arrive M. Aubry (45 %), en 12e J-L. Melenchon (37 %). A noter que Melenchon en 8e position des sympathisants socialistes avec 52% d'avis favorables. M. Le Pen est 19e avec 32% d'opinions favorables. Le baromètre Ipsos/Le Monde (17/01) sur les intentions de vote montre que F. Hollande est en tête (29%), Sarkozy est à 23 %, M. Le Pen à 18 %, F. Bayrou à 14 %, J-L. Mélenchon est à 7,5 %. A souligner que 77 % des Français jugent la campagne pauvre en propositions dont 77% des sympathisants du Front de gauche. Mais 35 % des personnes interrogées pensent que c'est la gauche qui a le plus d'idées et de propositions (56 % Front de gauche). Par contre, 71 % des sondés pensent que l'ensemble des propositions des candidats sont irréalistes. 84 % jugent la campagne agressive, 30 % pensent que c'est la droite la plus agressive. Dans le dernier baromètre BVA pour L'Express-Orange-France Inter (17/01), le chef de l'Etat chute encore. Au contraire de F. Bayrou, qui pointe ce mois-ci en tête du palmarès des politiques. Le candidat du MoDem gagne ainsi 9 points de côte d'avenir, s'établissant à 51%. Selon le directeur du pôle opinion de l'institut, Gaël Sliman, il y eu une hausse de popularité de N. Sarkozy en novembre dernier « comme après chaque catastrophe », à l'époque N. Sarkozy s'était alors montré très actif lors du G20 à Cannes. A l'inverse, le Premier ministre, F. Fillon, conserve un bon niveau de popularité avec 47% de bonnes opinions contre 51% de mauvaises. F. Hollande reste en tête mais il baisse de 3 pts à 50 %. Sur sa gauche, les voix du champion socialiste, au premier tour peuvent être grignotées par Jean-Luc Mélenchon. Le leader du Front de gauche, apprécié à gauche (+10 points sur sa cote d'influence avec 48%) dispose surtout d'un potentiel de vote bien supérieur au 8 % des sondages. En effet, près d'un quart des Français (23%) envisagerait de voter pour lui. Ce sondage confirme celui d'OpinionWay/La Croix (15/01), F. Bayrou gagne 4 pts. Selon ce sondage, François Hollande arrive tout de même en tête de ce palmarès, cité par 22% des personnes interrogées, mais perd deux points. Il est suivi de Nicolas Sarkozy à 21% (+ 1). Puis vient F. Bayrou à 19%, lui-même talonné par M. Le Pen (17%, +1). Les autres candidats sont nettement décrochés, J-L. Mélenchon arrivant cinquième avec 8% et E. Joly sixième (6%). Selon un sondage Ifop pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat publié ce mardi matin, F. Hollande est crédité de 28% d'intentions de vote, contre 24% pour N. Sarkozy (-2 points). M. Le Pen (FN) enregistre 20% des suffrages (+ 1 point). Derrière le trio de tête, F. Bayrou (MoDem) gagne 0.5 point, avec 12,5%. Sous la barre des 10%, figurent J-L. Mélenchon du Front de Gauche (7,5%), E. Joly (EELV) (3%).   La campagne d'E. Joly dévisse : « Inquiets sur leur stratégie, les écologistes craignent un revers ». Les dirigeants d’EE-LV veulent recadrer la campagne de leur candidate dont le score dans les sondages est à la baisse, titre Libération (11/01). « A mesure que les sondages, la créditant de 3 à 5% des voix, se succèdent, l’angoisse monte dans les rangs écologistes. «Ça va mal. Tout le monde fait semblant d’être discipliné, mais tout le monde s’interroge. La campagne n’est pas lisible. Eva n’est pas audible», se désespère un dirigeant. «Eva Joly n’est pas dans les tréfonds, mais au sein de l’électorat de gauche et de centre gauche elle n’arrive pas à fixer ceux qui ne sont pas entièrement convaincus par François Hollande. Ils trouvent ce qu’elle dit pas inintéressant, mais cela ne suffit pas à motiver leur vote», explique Jean-Daniel Levy d’Harris Interactive. L’enjeu pour la «candidate de l’écologie et du parler vrai» est, selon certains de ses proches, de «passer d’une campagne dénonciatrice tous azimuts» au martèlement des solutions écologistes à la crise. «Mais il ne suffit pas de proposer une conversion du modèle à long terme. Sur l’emploi, il faut des réponses immédiates», prévient Coronado.   La campagne électorale Des commentateurs comme Roland Cayrol parle de drôle de campagne : attaques par petites phrases, batailles de personnalités, dégradation de la note de la France. Il note l'absence d'un choc de propositions qui prennent en compte les intérêts des électeurs et les nécessités de la rigueur du moment. Il pense que les Français en ont assez de la navigation à vue . Ils demandent de la clarté dans les propositions et du courage aux hommes politiques. Je rappelle les polémiques sur la TVA sociale, sur le quotient familial et les propos sur l'anti-France d'Accoyer et l'étude de l'institut COE-Rexecode - proche du Medef -sur la compétitivité française en 2011. F. Fressoz (le Monde 09/01) rapporte les propos de Brice Teinturier, les adversaires de Sarkozy (Hollande, Bayrou, Le Pen) sont tétanisés par l'imprévisibilité de la conjoncture, ils savent que toutes les mesures qu'ils avancent peuvent devenir rapidement obsolètes » « Gouverner sera plus difficile que remporter les élections » estime L. Fabius. Hollande déconstruit les mesures du projet socialistes comme la retraite à 60 ans. Jérôme Cahuzac, un des responsable économique du projet, annonce sur France 2 que les 60 000 emplois dans l'éducation se feront uniquement « par redéploiement », plutôt que par des nouvelles embauches. Cela a donné lieu à une levée de bouclier de l'aile gauche du PS. Il déclare « cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l'emploi pour consolider les moyens de l'éducation nationale. La crise appelle la responsabilité et la crédibilité». Celles-ci se mesurent aussi à la volonté politique que l'on consacre à protéger les Français et à leur garantir l'égalité devant les services publics ». Selon Jaffré, « F. Bayrou table sur le rejet de Sarkozy et le manque d'appétit du PS ». B. Le Maire explique de son côté « un sentiment d'abandon, un mépris pour les politiques. Les Français nous regardent, effarés, nous chamailler. Cela peut donner de l'abstention ou du vote extrême ». Lisons les éditaux tirés dans la presse régionale. La Voix du Nord (Hervé Favre). « (…) Mais l'érosion de  (Hollande) avance au premier tour dans les sondages n'est pas seulement " mécanique ", comme on le répète au PS. Il y a aussi une explication beaucoup plus " politique ", celle d'un candidat qui, après avoir dominé largement la primaire socialiste, peine à trouver un second souffle en imposant ses thèmes dans la campagne. C'est ce qu'a réussi en peu de temps François Bayrou avec son " achetons et produisons français " qui a obligé tous les acteurs de 2012 à parler eux aussi de la désindustrialisation et des moyens de la combattre. On a ainsi vu Nicolas Sarkozy et la majorité soudainement convertis aux mérites de la TVA sociale, au point de vouloir la faire adopter avant la fin du quinquennat. Une réhabilitation étonnante quand on se souvient de la séquence de l'entre-deux-tours des législatives de 2007,lorsque Jean-Louis Borloo fut accusé d'avoir fait perdre cinquante sièges à la droite en parlant de TVA sociale, au soir du premier tour, sur un plateau de télévision !(...) » L'Eclair des Pyrénées (Philippe Reinhard) « (...) Dans le registre de l'homme capable d'affronter la tempête, Nicolas Sarkozy l'hyperactif et François Bayrou, qui bénéficie du fait d'avoir alerté l'opinion le premier, ont aujourd'hui une longueur d'avance sur le député de Corrèze. La prochaine élection présidentielle se jouera sur le thème de la crédibilité. Or, dans ce registre, François Hollande est d'autant moins bien placé que ses propres +amis+ ont semé le doute sur ses capacités à exercer la fonction suprême. La droite n'a pas beaucoup d'efforts à faire pour faire douter le pays de la présidentiabilité de François Hollande. La gauche, et singulièrement les socialistes ont fait le boulot à la place des sarkozystes ». Le Télégramme (Hubert Coudurier) « François Bayrou sera peut-être le prochain Président, du moins le croit-il fermement en pensant que la troisième fois sera la bonne. Si François Hollande continue à pédaler dans la choucroute (ou la semoule ?) en nous livrant des tribunes insipides comme celle qu'il a adressée à Libération ». La République des Pyrénées (Jean-Michel Helvig) « (...) Nicolas Sarkozy a besoin assurément de réduire au stricte minimum son temps de campagne, si l'on en juge à ses trois idées esquissées samedi soir : la formation des chômeurs, la TVA sociale, la taxation des transactions financières. » Je ne reviens pas sur l'analyse réalisée dans le rapport du dernier CN sur la campagne de Mélenchon. Relevons ce que titraient deux quotidiens avant les nouveaux sondages favorables à Mélenchon Les Echos du 13 janvier 2012 « Un match à quatre s'installe à cent jours de la présidentielle », « La gauche non socialiste est à la peine dans les sondages » Le Figaro du 12 janvier 2012. Je citerai les propos de Frédéric Dabi de l'Ifop : « Il y a un début de dynamique », cette percée s'explique à la fois par « l'intensification de la campagne de J-L. Mélenchon, par sa « bonne présence médiatique », mais aussi car ce dernier est désormais « bien identifier dans l'opinion publique » » avec l'émission Des Paroles et des Actes. « La période politique l'aide » affirme-t-il, en référence à son programme économique, très critique sur les agences de notation. Il estime que « le pari de Mélenchon et du Front de gauche est sur la voie d'être gagnée » Le candidat se rapprochant des scores du PC en 1995 ou 1998. « Il a asséché une forte partie de l'extrême gauche, a fait le plein dans la gauche radicale » Pour progresser, il estime qu'il faut chercher des suffrages au « niveau des classes moyennes, des 35-49 ans ou encore des professions intermédiaires, qui votaient socialistes » Mais le candidat devra également cimenter son socle électoral et empêcher le vote utile en faveur de Hollande. Droite   Le programme de l'UMP Son magazine interne affiche un étalage de chiffres : « 13 000 participants aux conventions nationales, 17 000 courriels et mails de contributions, plus de 500 réunions de travail, 120 rapports, 320 réunions pendant plus d'un an » et à l'arrivée 40 propositions sont classées sous trois thèmes : le courage, le rassemblement et l'ambition. Le vote final aura lieu le 26 janvier. Tous ces thèmes recouvrent des propositions économiques sur l'emploi et le social, l'allègement du temps de travail, la croissance des PME, la promotion de l'industrie, l'éducation, la justice et la sécurité, l'énergie, le logement, la santé et l'Europe. C'est un ensemble de copier-coller des promesses de 2007 et des propositions proches de celles du FN. La campagne organisée pour faire monter M. Le Pen Je ne reviens pas sur les bidonnages concernant la cote de popularité de M. Le Pen réalisés par Libération et Le Monde. Toute une série d'articles tentent de démontrer la mutation du FN. Ainsi Le Monde titre « M. Le Pen cible les classes moyennes. Son entourage estime que cet électorat a été « le plus déçu » par M. Sarkozy ». Libération de son côté affirme « Marine Le Pen, la candidate qui ravive la flamme. La présidente du FN a réussi à étendre l'audience de son parti ». Le Nouvel Obs relatant sa visite à PSA-Sochaux titre « Marine Le Pen, le FN et le monde ouvrier : une histoire tumultueuse. Son opération séduction s'inscrit dans une longue histoire de tentatives ratées pour implanter le FN dans les usines. » Les Echos titre lui «Le Pen à l'assaut du « mondialisme » » Si elle se targue d'avoir prévu avant tout le monde la crise de l'euro, préconisant une « sortie » de la monnaie unique, Marine Le Pen insiste désormais sur un thème plus porteur avec son « protectionnisme intelligent » pour lutter contre les délocalisations et favoriser la réindustrialisation. Celle qui cible et mise en priorité sur la « France des oubliés », classes populaires et classes moyennes déclassées , aborde aussi des thèmes plus « généralistes » comme la laïcité -pour brocarder l'islam -, l'école, la santé, ou le logement. » M. Le Pen a présenté le 12 janvier le chiffrage de certaines mesures de son programme. Terra Nova a étudié ce chiffrage. Selon lui, il aboutirait à une explosion aussi phénoménale qu'irréaliste de la dépense publique. Les préoccupations des Français Le sondage Ifop/Ouest France (8/01) montre qu'à peine plus d’un Français sur trois (35%) fait montre de son optimisme à l’égard de son avenir et de celui de ses enfants, quand près des deux tiers (65%) se déclarent pessimistes (19% se disent même « très pessimistes »). La population semble encore marquée par un contexte difficile, caractérisé par la constance d’une situation économique précaire (menace sur le triple A de la France, situation problématique de plusieurs entreprises françaises comme SeaFrance, PSA ou Petroplus) et les nombreuses incertitudes liées à l’approche de l’élection présidentielle. Dans cette même enquête, un seul changement est à observer, l’augmentation du pouvoir d’achat qui devance désormais la baisse des impôts (constituant aujourd’hui le dernier domaine pour lequel les Français font confiance au gouvernement). En ce début d’année, seule la lutte contre l’insécurité (43%, +2 points) se distingue par une hausse de la confiance placée dans l’action gouvernementale. A contrario, le gouvernement enregistre une diminution de la confiance sur deux dimensions : la protection de l’environnement (43%, -3 points) et la baisse des impôts (12%, -4 points). Les autres indicateurs varient peu : 28% des Français déclarent faire confiance au gouvernement pour intégrer les personnes issues de l’immigration, 24% pour lutter contre le chômage, 21% pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion (+1 point) et 16% pour augmenter le pouvoir d’achat (+1 point). Deux clivages, un générationnel et un politique, émergent lorsqu’il s’agit d’accorder sa confiance au gouvernement : les sympathisants de droite et les personnes âgées de 65 ans et plus font preuve d’un soutien nettement plus important que les sympathisants de gauche et les Français les plus jeunes.   L'enquête d'OpinionWay (15/01) a interrogé sur douze sujets de préoccupations quotidiennes. Les Français placent nettement en tête « le maintien de l'emploi » (56%, + 4), puis « la lutte contre la hausse des prix des produits de première nécessité » (43%, + 4) et « le maintien du remboursement des soins » (40%, + 2). « Sécuriser l'épargne » et « aider à la prise en charge du grand âge » arrivent en queue (5% chacun). Enfin, 71% des Français (72% le mois dernier) jugent que la campagne apporte des réponses éloignées de leurs préoccupations, contre 28% d'avis contraire. Politique familiale Les Français souhaitent plus d’aides pour les familles modestes. 58 % des Français jugent que la politique familiale actuelle n’aide pas assez les ménages les moins aisés avec enfants. C’est ce qui ressort du sondage OpinionWay-Fiducial pour le journal La Croix publié ce jour. Après la déclaration du candidat PS François Hollande sur une réforme du quotien familial (sur la base que le système actuel favoriserait les ménages les plus aisés), le sujet reste brûlant et très clivant comme le montre cette enquête. "Pour 62 % des sympathisants de droite, la politique familiale est juste, (56 % la jugent même "égalitaire") contre 27 % pour ceux de gauche." Néanmoins, notre système qui date de 1945, par lequel la collectivité compense la charge d’enfants, même à un niveau de revenus élevé, est considéré comme un pilier de notre société. Le sondage fait ressortir sans surprise que les ménages les plus modestes (moins de 999 € par mois) sont les plus nombreux (86 %) à souhaiter que la politique familiale bénéficie d’abord aux moins aisés. Quant aux ménages les plus aisés, (3 500 € et plus par mois), 50% jugent que la politique familiale est "juste" (46 % qu’elle est égalitaire), "ce qui montre une aspiration à préserver une part d’universalité dans les prestations familliales." comme le souligne La Croix. Le retour des classes sociales « Les candidats à l'assaut des classes moyennes » titre Mediapart (12/01). On peut lire « Lorsque le géographe Christophe Guilluy discute des ouvriers et des employés avec des responsables du PS, il arrive toujours un moment où les stratèges du PS lui demandent de leur livrer la recette-miracle pour les convaincre d’ici la présidentielle. « Je dis juste aux responsables du PS de se montrer sincères », ajoute Guilluy, persuadé que la gauche de gouvernement ne pourra convaincre à nouveau cet électorat sans un profond aggiornamento de sa doctrine sociale-libérale. C'est loin d'être le cas, constate le géographe, même si « le PS a toutefois compris que les catégories populaires sont importantes pour cette élection, car le suffrage présidentiel est le dernier où elles votent encore ». « Dans une configuration où trois candidats, Hollande, Sarkozy, Le Pen, risquent d’être très haut, toutes les voix vont compter », renchérit l’urbaniste Laurent Davezies, qui a analysé ces derniers mois avec minutie l’impact de la crise sur les territoires. Selon lui, les « classes moyennes », mélange hétéroclite d'employés du public et du privé, d'indépendants, de petits cadres et d'ouvriers qualifiés qui représentent des millions de Français vont être un « grand enjeu de la campagne ». Les partis politiques ne s’y sont pas trompés. Depuis plusieurs mois, ils multiplient les signaux en direction des « classes moyennes ». Sur ce terrain, l’UMP est désormais concurrencée par le FN. Marine le Pen, reprenant un discours social calqué sur celui de la gauche de la gauche, s’érige en héroïne des « oubliés » et des « invisibles ». Pour Le Monde (12/01)« Les classes moyennes au centre du débat politique » F. Fressoz écrit « C'est une erreur de considérer qu'il faille conduire une politique contre les classes moyennes. Pour leur faire payer quoi ? Les études qu'elles ont faites ? Les blâmer d'avoir réussi à obtenir des situations convenables ? », s'est ému François Bayrou (MoDem), dans la foulée de Valérie Pécresse (UMP), ministre du budget, qui a vu dans le projet socialiste « un coup de massue pour 3,5 millions de ménages ». Dans cette atmosphère électrique, l'essai de la sociologue Dominique Goux et de l'économiste Eric Maurin (Seuil, 78 p., 11,50 euros) intitulé Les Nouvelles Classes moyennes, promet de faire du bruit, et pas seulement dans le monde politique. Oui, les membres des classes moyennes sont tenaillés par « l'anxiété, la crainte de choir », soulignent les deux auteurs, mais pour préciser aussitôt qu'elles n'ont en réalité pas déchu. L'autre apport intéressant de l'étude est l'intense compétition sociale qui se joue sur le territoire et le rôle réellement central acquis par les classes moyennes. Dans les années 1950 et 1960, ce sont les ouvriers qui formaient le cœur de la société, rappellent les deux auteurs. Depuis, les classes moyennes ont grandi en nombre et, réunissant 30 % de la population active occupée, sont devenues le « centre de gravité de la société », au point qu'il est impossible de les « bousculer sans déstabiliser l'ensemble de l'édifice social ». Dans sa réponse J-L. Melenchon constate « Le plus intéressant dans l'analyse c'est le constat que les catégories sociales intermédiaires doivent se battre de plus en plus durement pour conserver leurs positions. Le plus problématique c'est la notion de classe sociale. Quand la société est traversée de courants descendants et ascendants, qu'est-ce que signifie le concept de classe ? Le découpage arbitraire en classes passe à côté de l'un des faits marquants de ces dernières années : une partie des très riches a fait sécession par rapport à tout le reste de la société. « Entre Le Pen et Hollande, ouvriers et employés prêts pour le grand écart » (NouvelObs.com 13/01) Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste de l'opinion publique estime que « Les ouvriers représentent environ 14% de la population française adulte. Depuis la révolution post-industrielle, on tend à élargir les catégories populaires aux employés qui pèsent 17,5%. À cela, il faut ajouter les retraités : 10% d’anciens employés et 8,5% d’anciens ouvriers. Même quand on a quitté la vie active, on n’en conserve pas moins la culture politique de son ancienne profession. Au total, les ouvriers constituent aujourd’hui 22,5% de l’électorat et les employés 26%. Soit, au total près d’un électeur sur deux. En 2007, « Un quart environ des ouvriers et des employés a voté pour Ségolène Royal au premier tour. Jean-Marie Le Pen, à son plus bas historique, n’a obtenu que 13% du vote ouvrier et 8% de celui des employés. C’est Nicolas Sarkozy qui a raflé la mise : 32% des ouvriers et 16% des employés l’ont choisi au premier tour. Les indications pour 2012 reposent sur des intentions de vote par nature évolutives. Le vote des ouvriers reste très favorable à Marine Le Pen, à un niveau jamais atteint : autour de 35% contre environ 20-25% à Hollande et 15-18% à Sarkozy. Celui des employés se partage entre Hollande (autour de 30%) et Marine Le Pen (autour de 27%), moins de 20% allant à Nicolas Sarkozy (intentions de vote IFOP/Opinion Way Décembre 2011 Janvier 2012).. Ouvriers et employés sont devenus le pilier du vote FN sans pour autant déserter la gauche. Les catégories populaires sont prêtes à faire le grand écart au second tour pour sanctionner le président sortant. À faire le grand saut de Le Pen à Hollande sans passer par la case Sarkozy.. » Economie Industrie    Le centre d’analyse stratégique (CAS) publie mardi 17 décembre, deux notes d’analyse et un rapport sur les secteurs porteurs à moyen et long terme. Comment les moteurs de la croissance évolueront-ils ? L’organisme a imaginé trois scénarii. "La capacité à se spécialiser importe autant sinon plus que la politique budgétaire ou monétaire", a expliqué Vincent Chriqui, directeur général du CAS, lors de la présentation du rapport mardi. "Ce sont les pays qui ont perdu ou n’ont pas construit de base industrielle qui éprouvent aujourd’hui les plus grandes difficultés à rebondir après le creux de la crise au-delà de leurs difficultés d’assainissement de leurs finances publiques". Avec ce rapport, le CAS a cherché à identifier les secteurs porteurs afin d’anticiper les diverses situations possibles. Il envisage donc trois scénarii. Dans chacun d’entre eux, les secteurs sont confrontés à différents chocs, positifs ou négatifs. Dans le premier, dit "contraint ", il anticipe des "évolutions médianes dans un contexte incertain". Dans ce schéma, le renouvellement sectoriel est en cours mais n’est pas encore achevée. Le scénario de crise décrit une situation très dégradée, surtout au niveau de la compétitivité européenne. Ici, le renouvellement ne s’est pas opéré. Les industries n’ont pas pris le tournant de la montée en gamme. La qualité de l’emploi en pâtit. Dans le meilleur des cas, le scénario cible, le CAS distingue un nouveau modèle de croissance. Il se base sur quatre hypothèses : une augmentation progressive des dépenses de R&D, un choc de productivité dans les services, un déplacement de la préférence des consommateurs vers une consommation "bien-être", et la mise en place d’incitations fiscales et de signaux prix défavorables aux secteurs polluants. Vers une nouvelle articulation entre l'industrie et les services Dans ces différents schémas, l’une des clés du succès reste de trouver un équilibre entre l’industrie et les services afin de renforcer la croissance. Il faut miser sur une "montée en gamme des prestations associées aux biens et ayant de surcroît des bénéfices environnementaux", a expliqué Vincent Chriqui. Le rapprochement avec un nouveau type de services comme Autolib’ est vite fait. Mais l’industrie fait tout de même les frais de la montée de l’immatériel. Toutefois si certains secteurs perdent des emplois, d’autres restent dynamiques comme l’agroalimentaire, la pharmacie et l’aéronautique. La solution pour la CAS : "L’industrie reste le creuset des innovations de produits et la montée en gamme des prestations de services comme le montre aujourd’hui Apple doit s’appuyer sur une capacité productive". A signaler une série d'article de Gabriel Colletis dans Mediapart (10/01) notamment « Faire de l'entreprise une institution à part entière » On peut y lire « L'actuelle crise économique et sociale est une crise de la démocratie. Trop souvent, la perception des espaces ou des institutions dans lesquels la démocratie se joue se limite à la sphère des affaires publiques, des affaires de la Cité. L'entreprise, en d'autres termes, n'apparaît pas comme étant un des lieux essentiels d'exercice de la démocratie. Ceci n'a rien d'étonnant car l'entreprise –dont pourtant il est dit qu'il faut la préserver et tout faire pour améliorer sa compétitivité pour qu'elle maintienne l'emploi– est coupée du reste de la société... Il est consternant de voir à quel point est entretenue la confusion entre la compétitivité de l'entreprise et sa rentabilité. Au nom de la première, on ne cesse d'en appeler à la baisse du coût salarial (voir le récent débat sur la TVA dite «sociale»). Alors que l'objectif véritable est moins d'améliorer la compétitivité des entreprises que leur rentabilité, afin que celles-ci continuent de verser des dividendes les plus élevés possible à leurs actionnaires.  » Slavoj Zizek: «Le monde veut de nouvelles alternatives» Dans un entretien accordé à Al-Jazeera, le philosophe Slavoj Zizek débat de la montée des indignations, de la crise de l'euro et la puissance chinoise. «Je pense que le monde cherche à retrouver une véritable alternative. Voulez-vous n'avoir le choix qu'entre le néo-libéralisme anglo-saxon ou le capitalisme avec des valeurs asiatiques? Si nous ne faisons rien, nous irons vers une nouvelle forme de société autoritaire.» Alfred Grosser ne nous avait pas habitué à un tel discours. Il tacle Pascal Salin dans La Croix (18/01) « Les indécences de l'ultralibéralisme » Il souligne ces propos « Pourquoi êtes-vous opposé à un encadrement des plus hauts revenus ? » « Notre économie est fondée sur l'innovation qui entraîne la création de richesses et, inévitablement, des inégalités de revenus. Ceux qui sont à l'origine de progrès ne volent pas la société, ils l'enrichissent… C'est punir les riches en les taxant davantage ou en limitant leur rémunération qui est immoral. » Grosser remarque « L'économiste ultralibéral méconnaît ou fait semblant de méconnaître les réalités de notre société..  Les « retraites chapeaux », les énormes indemnités de départ vont aussi à ceux qui ont conduit leur entreprise au désastre. Ils ont pourtant provoqué le chômage de salariés qui, eux, avaient efficacement travaillé. Pierre Richard a détourné la banque Dexia de son objectif statutaire. Sa politique d'extension mondiale a provoqué l'effondrement de la banque et mis en grande difficulté nombre de départements et de municipalités. Il peut vivre tranquillement avec une retraite annuelle de 400 000 EUR sans impôts..  L'interview du Nouvel Observateur est en fait l'expression d'une doctrine ultralibérale profondément antisociale. Un collègue de l'interviewé à Paris-Dauphine l'avait clairement précisé dans une chronique du Figaro. Il y réclamait l'instauration d'un nouveau droit social. Pour cela, il fallait revenir sur les réformes du Front populaire et de la Libération. Parmi les textes à abolir figurait le Préambule de la Constitution de 1946, document encore valable sous la Ve République et sorte de charte du Conseil constitutionnel. Il est vrai que la plupart des paragraphes énoncent des droits sociaux.. Les bénéficiaires peu fortunés de la protection qu'assure notamment la Sécurité sociale, née au lendemain de la Libération, constituent vraiment une partie trop importante du corps électoral. Mais n'est guère en cause le maintien des avantages indus dont bénéficient les membres d'une caste, indépendamment de leurs compétences et de la réussite de la banque ou de l'entreprise qu'ils ont dirigée.. Ne nous laissons pas trop impressionner par ceux qui nous appellent à ne pas entraver le progrès économique par des contraintes imposées aux plus privilégiés. » International La constitution anti-démocratique en Hongrie La nouvelle Constitution hongroise, façonnée à la main du dirigeant nationaliste Viktor Orban, est entrée en vigueur le 1er janvier. En dix-huit mois, le Premier ministre a fait passer une série de lois au statut constitutionnel, ce qui implique qu'il faudrait une majorité des deux tiers des députés pour les modifier. Il a par ailleurs installé des proches à tous les postes de direction de l'administration (économie, police, justice, armée…) pour des mandats souvent étalés sur neuf ou douze ans. Dans l'opposition, les dirigeants du parti socialiste, bâti sur les structures de l'ancien parti communiste, deviennent responsables rétroactivement des crimes commis par l'ancien régime jusqu'en 1989. Les médias publics ont été mis au pas avec une vague de licenciements massifs et de mises en retraite très anticipées, tandis que la seule radio d'opposition, Klubradio, a perdu sa fréquence. L’opposition a annoncé qu’en 2012, son activité se concentrerait dans la rue. (Médiapart 02/2012)L'Union européenne aura mis pas moins de 10 jours à réagir à la nouvelle constitution controversée adoptée par Budapest. Union Européenne EuroCité, le think tank européen progressiste, vient de publier un bilan passionnant des élections législatives au sein de l'Union européenne en 2011. Cette longue analyse, très instructive, confirme une intuition : le recul voire la marginalisation de la gauche en pleine période de crise économique - dont la droite, paradoxalement, profite pour asseoir sa domination. Dans le même temps, un nombre croissant de mouvements d’extrême-droite tentent de prospérer grâce aux peurs et au désespoir, demandant la protection par la fermeture des vieilles nations face à tout élément considéré comme étranger. Isolés dans le cadre national, que peuvent faire les partis membres du PSE, sinon hésiter entre le discours de la responsabilité sans marge de manœuvre, et celui de la résistance impuissante, destiné à se fracasser sur les réalités de l’économie ouverte ? Dans le premier cas, la faible différence avec la droite de gouvernement ne justifie plus l’alternance. Dans le second cas, les socialistes, pro-européens et internationalistes, ne sont pas crédibles s’ils parlent dans la seule arène nationale, et il est facile à l’extrême-droite de souligner qu’ils représentent, plus que tout autre parti, l’ouverture à ce monde aujourd’hui si menaçant. Quand bien même la gauche réussirait à gagner telle ou telle élection nationale, elle ne pourrait rien en faire dans un seul pays. C’est tout le sens de l’enjeu défini récemment par EuroCité dans un article intitulé « Vers la constitution d’un système partisan européen ? ». Documents, rapports, conférences La Fondapol a publié récemment plusieurs notes dont : Quel avenir pour la social-démocratie en Europe ?, Sir Stuart Bell « La défaite du Parti social-démocrate en Suède lors des élections législatives de septembre 2010, où il obtient son score le plus bas depuis 1914, est symptomatique de la crise que connaît la social-démocratie européenne depuis le début du XXIe siècle. En 2002, treize des quinze états membres de l’Union européenne étaient gouvernés par la gauche alors qu’en 2007, dans une Union élargie à 27 pays, ils n’étaient plus que six. Cette domination de la droite en Europe n’est pas passagère puisqu’en 2009 elle remporte les élections européennes (notamment dans les six plus grands états membres, à savoir la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Pologne et l’Espagne), tandis que des partis populistes effectuent une percée aux Pays-Bas, en Suède et en Hongrie. » Cette Fondation a critiqué le livre d'Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours, Paris, La Découverte, coll. « Poche/Essais », 2011. L’ouvrage d’Yves Sintomer est tant historique que théorique. Comme le titre lui-même l’indique il s’agit d’une « petite histoire de l’expérimentation démocratique ». Le livre nous emmène d’Athènes à l’époque contemporaine, en passant par Venise, Florence et l’Aragon. Mais sa portée est également théorique : il « met en regard des arguments aujourd’hui invoqués en faveur du tirage au sort et ceux avancés jadis […] » (p. 244) et les mérites de ce mode de désignation pour remédier aux défauts de note système politique. L’auteur établit l’existence d’une crise de la démocratie dont il dresse une liste de facteurs structurels parmi lesquels l’impuissance gouvernementale, l’indifférence des classes populaires à la politique, la crise de l’action publique bureaucratique, les obstacles idéologiques à la prise des décisions et à leur application. Pour pallier ces dysfonctionnements divers dispositifs ont ainsi été mis en place pour rendre la démocratie plus délibérative, « de la Commission nationale du débat public aux budgets participatifs, des conseils de quartiers aux assemblées citoyennes, des conférences de consensus aux jurys citoyens » (p. 36). Au cœur de ce retour de la délibération se trouve la méthode du tirage au sort. Ce retour du tirage au sort est l’occasion pour Yves Sintomer d’étudier les différentes formes et significations qu’il a prises au cours de l’histoire et de soulever un ensemble de questions déterminantes pour son utilisation contemporaine. Quelles étaient les significations de l’usage politique du tirage au sort dans l’Antiquité, au Moyen-Age ou durant la Renaissance ? Peut-on considérer, dans la lignée des auteurs anciens, comme Aristote, Leonardo Bruni et Francescho Guicciardini, ou plus récents, tels Bernard Manin ou Jacques Rancière, que le tirage au sort a parti liée avec la démocratie ? Pourquoi, le tirage au sort a-t-il disparu de la scène politique avec les révolutions modernes, alors que son emploi se diffusait dans la sphère judiciaire  avec la création des jurys populaires? Que signifie aujourd’hui son retour ?  L’auteur tâche d’apporter des réponses à ces questions cruciales pour l’avenir de nos institutions. Selon Sintomer, qui fait à cet égard écho aux travaux de Bernard Manin, la disparition du tirage au sort correspond à une conception aristocratique du pouvoir, visant à choisir uniquement les « meilleurs » pour gouverner. Cette conception se retrouve dans la volonté moderne de professionnaliser la politique, de constituer une classe de gens compétents et entièrement dévoués à la chose publique. A l’inverse, l’auteur établit un rapport presque consubstantiel entre les jurys populaires constitué par tirage au sort et le régime démocratique. Il se réfère à cette occasion à l’analyse de Tocqueville dans De la Démocratie en Amérique, qui voit la participation de citoyens tirés au sort aux jurys comme une formation une propédeutique à la citoyenneté. Il existe bien un lien entre tirage au sort et démocratie. Selon Sintomer le tirage au sort permet la réelle participation du peuple au pouvoir. Il s’inscrit dans une logique délibérative, selon lui la plus démocratique. Il s’inspire en cela des travaux de Jürgen Habermas sur la possibilité de l’appropriation de l’espace public par les citoyens. Ces visées sont-elles libérales ? On peut le penser : au fondement de cette vision « active » de la citoyenneté se trouve la confiance dans l’individu, quel qu’il soit, et la reconnaissance de sa légitimité à participer au gouvernement. Benjamin Constant, dans son fameux «  De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes » nous explique que la liberté antique, conçue comme  la possibilité pour chaque citoyen de participer aux décisions politiques appartient à l’Antiquité mais ne convient pas à notre époque. La liberté moderne, celle des libéraux, est un principe de délimitation des sphères publiques et privées, qu’il ne faudrait pas sacrifier sur l’autel de la participation de tous au pouvoir. En définitive, avec cette Petite histoire de l’expérimentation démocratique, Yves Sintomer livre un ouvrage érudit mais accessible, didactique mais engagé, dont les prises de position en faveur du tirage au sort invitent à réfléchir sur la démocratie elle-même. On y retrouve en partie les questions soulevées par la note Le Retour du tirage au sort en politique, de Gil Delannoi, publiée par la Fondapol. De son côté Terra Nova a notamment publié comme notes : « La Hongrie et la discrétion coupable de l'Europe », « Combien coûterait une perte du AAA ? »  « Quotient familial : une réforme au secours des classes populaires » L'Institut de l'entreprise a publié des rapports : Pour un choc de compétitivité. Perte de parts de marché à l’export, et notamment en zone euro, creusement du déficit de la balance commerciale, estimé à 75 milliards d'euros en 2011, baisse de 15 % du nombre d’entreprises exportatrices depuis 2002, la France souffre d’un véritable déficit de compétitivité dont les causes sont en grande partie structurelles. En cause : le déclin de la productivité à tous les niveaux – notamment faiblesse de l’investissement dans les PME et l'industrie et insuffisance de l’innovation. Face à cette situation préoccupante, il convient de réagir sans délai. Dans son dernier rapport, l’Institut de l’entreprise invite donc à un choc de compétitivité passant par un effort résolu de réduction des dépenses publiques couplé à un transfert d’une partie des cotisations sociales vers la fiscalité pesant sur les ménages, la définition d’un pacte social basé sur un dialogue renouvelé au sein des entreprises mais aussi avec la sphère publique et un pari sur la qualité. D'autre part, il a publié « Le programme du FN décrypté ». Cet institut organise plusieurs forum des think tanks : le 24 janvier, « flexibilté responsable : dépasser le dualisme du marché du travail ». Le 31 janvier, « Que reste-t-il de la valeur travail ? » Le Cevipof organise des conférences sur les « Grands enjeux des élections de 2012 ». Le 23 janvier : « La mondialisation, le 20 février : Le déclassement social ». Il organise les 26-27 janvier un colloque sur « la montée des populismes en Europe » L'Insead a publié une étude « Quelle France en 2012 ? Quelle France en 2017 ? Le Cercle des fiscalistes décrypte le débat présidentiel pour « Le Figaro » Le débat qui s'enflamme depuis une semaine autour de la TVA sociale le démontre : la fiscalité sera bel et bien au coeur de la campagne présidentielle de 2012. La réduction des dépenses publiques, seule, ne suffira pas à ramener les déficits dans une limite supportable. Il faudra aussi s'appuyer sur des recettes fiscales sinon plus élevées, au moins plus efficaces. Le programme économique des candidats devra donc comporter des propositions précises et crédibles en matière de réforme fiscale : pour les décrypter, Le Figaro s'est associé avec le Cercle des fiscalistes, un laboratoire d'idées (« think-tank ») regroupant les meilleurs experts fiscaux français de tous bords politiques. À chaque fois qu'un candidat fera une proposition fiscale, le Cercle des fiscalistes apportera son éclairage objectif sur les conséquences pratiques - pour chaque contribuable - des mesures envisagées. Et lorsque les propositions seront trop imprécises, le Cercle pointera les zones d'ombre pour obliger les candidats à mieux les éclairer, afin que chaque contribuable puisse voter en toute connaissance de cause.

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